Billet #13 Hortense Tawa

L'interview d'Hortense Tawa

Son parcours :

  • Age : 30
  • A commencé son parcours d'études supérieures à la Faculté de Mathématiques et Informatique Au Cameroun.
  • Obtient une bourse d'études supérieures à IAI au Gabon. Trois années d'école d'ingénieur dont elle termine major.
  • Stage de fin d'étude à Poitiers grâce à une bourse dans un laboratoire, suivi d'un Master recherche en Informatique fondamental. 
  • Actuellement dans sa troisième année de thèse à Toulouse dans le domaine des Mathématiques appliquées à l'Informatique. 

Comment est venue cette idée d'entreprendre?

"J'ai toujours eu ce besoin d'être utile, d'écrire une ligne dans le grand livre du Cameroun. Quand je vois un problème, j'aimerais faire ce qui est mon possible pour le résoudre. Evidemment je ne peux pas m'attaquer à toutes les difficultés rencontrées dans mon pays, mais il faut bien commencer quelque part !

Quand je suis arrivée en ville, au Cameroun, la première chose qui m'a marqué était la difficulté pour trouver un taxi. Et on ne peut pas rejeter la faute sur les taxis eux-mêmes,  puisqu'ils tournent souvent en rond sans passager. C'était ma première constatation, mais c'est véritablement après un triste événement que j'ai eu l'idée de créer une application qui aura vocation à fournir des informations aux usagers comme aux taxis pour optimiser leur rendement tout en sécurisant le passager. 

J'ai été victime d'un vol dans un taxi au Cameroun, un faux taxi. Après le choc, j'ai pensé qu'il faudrait trouver le moyen de protéger ceux qui montent à bord des taxis, mais aussi faire en sorte que les taxis ne tournent plus inutilement en rond en ville, ce qui implique pour eux une perte de revenu. Inspirée en Europe par les grandes plateformes d'intermédiation entre l'usager et le professionnel,  avec le souhait d'un modèle social adapté à l'Afrique, l'idée a germé dans mon esprit en 2014 mais je n'ai pas eu l'occasion de concrètement la réaliser avant de voir l'appel à projet MEETAfrica : j'ai saisi l'opportunité d'être accompagnée dans ce projet."

Comment le programme MEETAfrica vous a-t-il aidé?

  • Participation à de nombreux forums pour se créer du réseau et avoir une visibilité du monde de l'entreprise. 
  • Un coaching régulier pour m'accompagner à chaque étape de mon projet.
  • Une étude de marché au Cameroun, ainsi qu'une étude juridique.
  • Une mission au Cameroun pour rencontrer le directeur de l'APME, partenaire du consortium MEETAfrica. 

Quelles ont été les grandes étapes et difficultés rencontrées sur la voie de l'entrepreneuriat?

"Nous en sommes actuellement à l'étape de la recherche de fonds. Nous voulions créer l'entreprise juridiquement mais il faut un capital que nous n'avons pas pour l'instant. L'équipe autour du projet est actuellement composée de trois personnes dont moi. Nous sommes deux en France, et un à l'île Maurice. L'idée était d'avoir quelqu'un sur place, mais mon associé a dû déménager. Nous avons des rôles plus ou moins définis : l'un est notre développeur, l'autre travaille sur les big data, la collecte de données etc. Et moi je travaille sur la spécification du besoin, le relationnel et l'administratif. Nous allons bientôt lancer une phase de beta-test, dès que nous aurons le matériel pour.

La principale difficulté que j'ai rencontrée a je crois été un certain sexisme. Il m'a souvent été affirmé que l'idée de cette application est géniale, mais lorsque je dis que j'en suis la responsable, certains mettent en doute ma capacité à la mener à bien. Pour rentrer dans le monde de l'entreprise, il faut être mentalement très forte !

Il me fallait aussi apprendre à gérer mon temps, entre ce projet et une thèse en préparation.  Sortir du laboratoire à 20h pour retourner se mettre à travailler sur le projet chez soi, ce n'est pas toujours évident, j'ai sacrifié de nombreux week-ends. "

Quelle est la valeur ajoutée de votre entreprise pour l'Afrique?

 

  • Notre contribution écologique : les conducteurs de taxi limitent les déplacements inutiles et donc consomment moins. Les taxis provoquent des embouteillages quand les clients indiquent leur destination etc. Cette application évitera cela et devrait fluidifier la circulation. 
  • Moins de retards professionnels provoqués par les embouteillages et l'attente d'un taxi.
  • Une meilleure rémunération pour le métier de taxi au Cameroun.
  • Des créations d'emplois dans le domaine du numérique sur place.
  • Notre contribution écologique : les conducteurs de taxi limitent les déplacements inutiles et donc consomment moins. Les taxis provoquent des embouteillages quand les clients indiquent leur destination etc. Cette application évitera cela et devrait fluidifier la circulation. 
  • Moins de retards professionnels provoqués par les embouteillages et l'attente d'un taxi.
  • Une meilleure rémunération pour le métier de taxi au Cameroun.
  • Des créations d'emplois dans le domaine du numérique sur place.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs entrepreneurs?

"Soyez rigoureux et ayez une vision, parce que sans vision vous finirez par abandonner. Il faut savoir où on veut aller pour espérer concrétiser son projet. Et il y aura des obstacles : il faut donc les prévoir et s'atteler à les franchir en gardant en tête l'objectif final. Il est également nécessaire d'être rigoureux, sinon les petits tracas personnels prennent le pas sur l'ambition finale.

Enfin, pour les femmes qui comme moi voudraient diriger une équipe et entreprendre, je leur dirais que plus la résistance à l'égard de votre sexe est forte, plus vous le deviendrez. Ne perdez pas espoir !"

Leave a reply