Billet #3 L’interview d’Imed Ben Brahim, co-fondateur Be-Electric

L'interview d'Imed Ben Brahim, co-fondateur de Be Electric

Son parcours :

  •  est né et a grandi en Tunisie
  •  a fait des études d’ingénieur en génie électrique à l’université Leibniz de Hanovre, puis un master de gestion d’entreprise (MBA)
  • salarié depuis huit ans en Allemagne en tant qu’ingénieur

Comment est venue cette idée d'entreprendre?

« Nous sommes six fondateurs en tout. Nos chemins se sont croisés pour la première fois à Hanovre, où nous avons tous étudié. En plus de nos origines et de notre enthousiasme pour la technologie, nous avons autre chose en commun : le désir de contribuer à un avenir meilleur pour notre pays. C’est particulièrement important aujourd’hui, car, après le printemps arabe, la Tunisie lutte encore pour des réformes démocratiques et la croissance économique. À six, nous avons beaucoup réfléchi pour finalement nous arrêter sur l’idée de faire accepter la mobilité électrique en Tunisie, surtout chez les jeunes, avec un produit au design attrayant et bon marché. Qui sait, peut-être qu’avec nos deux-roues électriques, nous pouvons contribuer à une autre petite révolution dans le secteur énergétique tunisien.  La Tunisie n’a pratiquement pas de ressources naturelles propres et est fortement dépendante des importations de pétrole et de gaz en provenance de l’étranger. Le réseau de transport public est peu développé, et l’augmentation du nombre de voitures paralyse le trafic et entraîne une pollution qu’on ne peut plus ignorer, surtout dans les villes. Cela a des conséquences sur l’environnement, bien sûr, mais aussi sur la santé et la qualité de vie des gens. Avec nos e-vélos, nous voulons offrir une solution de mobilité alternative et plus propre, sensibiliser à l’environnement et montrer que la technologie verte fonctionne non seulement dans les pays industriels techniquement innovants comme l’Allemagne, mais aussi dans les pays émergents comme la Tunisie, où en particulier les nombreux jeunes sont ouverts à la nouveauté. »

Comment le programme MEETAfrica vous a-t-il aidé?

  •  Réalisation technique du site web de l’entreprise
  •  Financement d’une étude de marché approfondie en Tunisie
  •  Conseils et établissement de contacts en Tunisie

Quelles ont été les grandes étapes et difficultés rencontrées sur la voie de l'entrepreneuriat?

« le plus grand défi qui se pose à nous actuellement, en tant qu’équipe fondatrice, est de décider lequel d’entre nous abandonnera son poste de salarié en Allemagne pour accompagner le développement de l’entreprise sur place, en Tunisie. Un autre défi tout aussi grand est celui des formalités douanières en Tunisie. Nous achetons les composants pour la fabrication de notre deux-roues dans différents pays et nous les assemblons en Tunisie. Faire venir ces pièces en Tunisie est compliqué et prend beaucoup de temps.»

Quelle est la valeur ajoutée de votre entreprise pour l'Afrique?

 

  • + Solution de mobilité respectueuse de l’environnement, qui réduit les émissions de CO2 et répond aux souhaits et aux besoins des clients locaux.
  •  Promotion de la sensibilisation à l’environnement et des énergies renouvelables ; en effet, les conditions climatiques pour la production d’électricité par l’énergie solaire et éolienne et par l’énergie des courants marins sont très favorables en Tunisie.
  • Appliquer en Afrique du Nord le savoir-faire technique acquis en Allemagne et contribuer ainsi au développement technique et économique.
  • Créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois, en particulier pour les jeunes Tunisiens hautement qualifiés, avec l’assemblage puis éventuellement la fabrication des composants sur place.
  • Réduire la dépendance à l’égard des importations étrangères, tant en termes de ressources énergétiques que de biens de consommation, et créer ainsi de nouvelles perspectives et une nouvelle confiance en soi.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs entrepreneurs?

« D’abord : analyse ton idée et le marché. Pas qu’une fois, mais encore et encore. Ensuite : sois confiant et courageux, et fais l’essai ! »

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